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Budget

Élaborer le budget avec une méthode claire.

Le budget prévoit et autorise les recettes et les dépenses. Cette aide sépare les deux sections, puis relie les hypothèses aux règles d’exécution et aux pièces à préparer.

1

Préparer

Hypothèses, recettes, dépenses, épargne et investissement.

CGCT · adoption et exécution ↗
2

Voter

Sections, équilibre, crédits et décisions budgétaires.

CGCT · L. 1612-4 et L. 1612-9 ↗
3

Exécuter

Engagement, liquidation, mandatement, titres et pièces.

CGCT · L. 1612-1 et contrôle budgétaire ↗
4

Clôturer

Résultats, affectation, restes à réaliser et compte financier.

CGCT · L. 1612-31 · CFU ↗
Repères juridiques

Les 5 grands principes budgétaires

Ces principes ne sont pas de simples règles de présentation : ils organisent l’autorisation donnée par l’assemblée délibérante, la sincérité des prévisions et le contrôle de l’exécution. Chaque fiche distingue la règle, ses effets concrets et les aménagements à documenter.

Temporalité · continuité du service

Annualité

Le budget autorise les recettes et les dépenses d’un exercice. L’autorisation budgétaire est donc en principe limitée à la période du 1er janvier au 31 décembre : un crédit non consommé ne peut pas être reporté automatiquement.

En pratique : sécuriser le calendrier de vote, suivre les engagements, rattacher les charges et produits à l’exercice concerné et justifier les restes à réaliser. Les AP/CP et AE/CP aménagent cette logique pour les opérations pluriannuelles ; avant le vote, l’exécutif ne peut engager certaines dépenses d’investissement que dans les limites et conditions prévues par le CGCT.

CGCT · article L. 1612-1 : exécution avant le vote et crédits pluriannuels ↗
Sincérité · soutenabilité de la dette

Équilibre réel

L’équilibre ne se réduit pas à un total identique en recettes et en dépenses. Les deux sections doivent être votées en équilibre, les prévisions doivent être sincères et le remboursement du capital de la dette doit être couvert par des ressources propres, hors emprunt.

En pratique : documenter les hypothèses de fiscalité, de dotations, de masse salariale et d’investissement ; vérifier l’autofinancement, les annuités et les restes à réaliser. Une insincérité ou un déséquilibre peut entraîner la saisine de la chambre régionale des comptes et une procédure de rétablissement.

CGCT · article L. 1612-4 : définition de l’équilibre réel ↗
Lisibilité · budgets principal et annexes

Unité

Le lecteur doit pouvoir rapprocher, dans le cadre budgétaire de la collectivité, l’ensemble des recettes et des dépenses autorisées. L’unité favorise la vision consolidée et empêche qu’une opération soit soustraite au débat de l’assemblée.

Aménagement : un budget annexe peut individualiser un service, notamment lorsqu’il présente une autonomie financière, un caractère industriel et commercial ou des opérations soumises à la TVA. Il reste voté par l’assemblée, transmis avec le budget principal et suivi avec ses propres équilibres.

CGCT · article L. 1612-22 : structure actuelle du budget et budgets annexes ↗
Transparence · absence de compensation

Universalité

Les recettes et les dépenses sont inscrites pour leur montant brut : une recette ne doit pas être masquée par une dépense et une charge ne doit pas être présentée après compensation avec un produit. Cette règle donne à l’assemblée une vision fidèle du coût et du financement des politiques publiques.

À surveiller : l’affectation d’une recette à une dépense est une exception qui doit reposer sur un texte ou un régime particulier, comme certains fonds de concours, dons, legs ou subventions. Il faut conserver le fondement de l’affectation et vérifier ses conditions d’emploi.

CGCT · article L. 1612-22 et cadre M57 : présentation des recettes et dépenses ↗
Autorisation · niveau de vote

Spécialité

Le vote ouvre des crédits pour une destination déterminée. La collectivité ne vote donc pas une enveloppe indifférenciée : le niveau de spécialisation permet de savoir quelle politique, quel service ou quelle opération est autorisé et de contrôler les virements ultérieurs.

En pratique : identifier le niveau de vote retenu, respecter la nomenclature par nature ou par fonction, suivre les chapitres et articles et utiliser avec prudence les souplesses de gestion prévues par l’instruction budgétaire. Les dépenses imprévues et les virements ne dispensent pas d’une décision régulière ni d’une traçabilité.

CGCT · article L. 1612-27 : vote par nature ou par fonction ↗
Lire les références avec leur millésime
La fiche pédagogique de la Préfecture de l’Oise présente les cinq principes classiques. Pour un budget 2026, il faut tenir compte de la recodification issue de l’ordonnance n° 2025-526 : les règles générales sont désormais notamment regroupées aux articles L. 1612-21 et suivants du CGCT. Le principe expliqué ici reste un repère de méthode ; la décision doit être sécurisée au regard du texte, de la nomenclature et du régime de la collectivité.

Fiche pédagogique : principes budgétaires · Préfecture de l’Oise ↗ · CGCT · adoption et exécution des budgets ↗

Cycle budgétaire

Les documents budgétaires à connaître

Chaque document répond à un moment précis : adopter les prévisions, les ajuster, retracer l’exécution ou transmettre une maquette dématérialisée.

Adoption

Budget primitif (BP)

Premier acte obligatoire du cycle annuel, il autorise les recettes et les dépenses de l’exercice dans les sections de fonctionnement et d’investissement.

Fiche officielle des documents ↗
Ajustement

Budget supplémentaire (BS)

Il reprend principalement les résultats de l’exercice précédent lorsqu’ils ne l’ont pas été au budget primitif et peut compléter les prévisions.

Voir le rôle du BS ↗
En cours d’exercice

Décision modificative (DM)

Elle ajuste les crédits et les prévisions du budget primitif au cours de l’exercice, selon les besoins et les décisions de l’assemblée délibérante.

Voir le cycle annuel ↗
Clôture

Compte financier unique (CFU)

À partir de l’exercice 2026, il remplace le compte administratif et le compte de gestion pour les collectivités et établissements concernés.

Consulter la page CFU ↗
Organisation

Budget principal et budgets annexes

Le budget principal retrace l’activité générale. Les budgets annexes isolent certains services ou opérations afin d’en suivre le coût et l’équilibre.

Voir les cas concernés ↗
Dématérialisation

Maquettes et transmission

TotEM aide à produire des maquettes budgétaires dématérialisées conformes au cadre en vigueur, avant transmission selon les modalités applicables.

Découvrir TotEM ↗

Source : Budget · Portail des collectivités locales ↗

Aide pratique

Construire les deux sections

Utilisez cette trame pour réunir les hypothèses avant de les traduire dans la maquette budgétaire.

Section de fonctionnement

Commencez par les recettes et charges récurrentes qui permettent de dégager une épargne réaliste.

  • Recettes : fiscalité, dotations et participations, produits des services, autres produits.
  • Dépenses : personnel, achats et charges externes, subventions, contributions, intérêts et charges courantes.
  • Contrôles : évolution par rapport aux exercices précédents, dépenses obligatoires, charges exceptionnelles et rattachements.
Tester l’épargne et les équilibres →

CGCT · L. 1612-4 · équilibre réel ↗

Section d’investissement

Reliez le programme d’équipement aux ressources disponibles, au calendrier des paiements et à la dette.

  • Dépenses : études et travaux, équipements, subventions d’équipement, remboursement du capital.
  • Recettes : autofinancement, FCTVA à vérifier, subventions, cessions et emprunt.
  • Contrôles : restes à réaliser, AP/CP si nécessaire, besoin de financement et impact de trésorerie.
Construire le plan de financement →

CGCT · L. 1612-4 · ressources propres et dette ↗

Programmation pluriannuelle

AE, AP et CP : engager dans la durée, payer par exercice

Le dispositif dissocie l’autorisation de prendre un engagement juridique de la capacité annuelle à le payer. Il donne une trajectoire aux projets, sans supprimer ni le vote annuel des crédits ni le contrôle de la soutenabilité.

Fonctionnement · engagement juridique

AE · Autorisations d’engagement

L’AE fixe la limite supérieure des dépenses de fonctionnement qui peuvent être engagées au-delà d’un exercice. En M57, elle vise notamment une convention, une délibération ou une décision par laquelle la collectivité verse à un tiers une subvention, une participation ou une rémunération.

Périmètre : les frais de personnel sont exclus. L’AE n’est pas une enveloppe générale destinée à reconduire toutes les charges courantes ; elle doit correspondre à un engagement pluriannuel précisément identifié.

Investissement · engagement global

AP · Autorisations de programme

L’AP autorise l’engagement global d’une opération d’investissement : acquisition, travaux, équipement ou projet composé de plusieurs marchés. Elle permet de raisonner sur le coût complet et la durée réelle de réalisation, plutôt que de réouvrir chaque année l’autorisation de s’engager.

Point juridique : une AP autorise l’engagement, mais ne permet pas à elle seule de mandater. Les CP devront être ouverts au budget de chaque exercice et l’opération devra rester couverte par des ressources et une trésorerie soutenables.

Paiement · limite annuelle

CP · Crédits de paiement

Les CP constituent la limite supérieure des dépenses pouvant être mandatées ou payées pendant l’exercice au titre des AE ou AP correspondantes. Ils traduisent le calendrier prévisionnel des factures, des acomptes, des avances et du solde.

À piloter : CP ouverts, CP consommés, restes à financer, échéancier contractuel, restes à réaliser et besoin de trésorerie. L’équilibre de la section s’apprécie au regard des CP, pas du seul montant cumulé des autorisations.

Tester un échéancier AP / AE / CP →

Les avantages d’un passage aux AE/AP/CP

  • Une meilleure sincérité annuelle : le budget présente les paiements attendus de l’exercice, tandis que l’engagement total reste visible dans l’autorisation pluriannuelle.
  • Une vision du coût complet : l’assemblée peut apprécier la durée, le montant global, les aléas et les conséquences financières d’un projet avant de laisser engager les contrats.
  • Une continuité de gestion : les marchés et conventions pluriannuels ne sont pas artificiellement découpés par exercice, sous réserve du respect des règles de la commande publique et des clauses contractuelles.
  • Un pilotage plus lisible : le suivi du disponible, des engagements et des CP consommés facilite les arbitrages, les alertes et la préparation du CFU.

Les limites et conditions de réussite

  • Une rigidité à assumer : une autorisation trop élevée ou mal calibrée peut immobiliser des marges de manœuvre et faire apparaître des engagements dormants pendant plusieurs années.
  • Une charge de pilotage : il faut tenir un échéancier fiable, réviser les autorisations, annuler les montants sans objet et rapprocher régulièrement autorisations, engagements, CP et paiements.
  • Une protection contre le sur-engagement, pas un financement : l’AP ou l’AE ne crée ni recette ni trésorerie. Chaque tranche de CP doit être compatible avec l’équilibre réel, les ressources propres, les subventions attendues et l’endettement.
  • Un périmètre à respecter : les AE de fonctionnement ne couvrent pas les dépenses de personnel et ne sont pertinentes que pour des engagements juridiquement pluriannuels. Le régime applicable dépend aussi de la catégorie, de la nomenclature et du règlement budgétaire et financier.
Avant de basculer une opération en AP/AE
Formaliser une fiche d’opération : objet et périmètre, coût total TTC, calendrier, marchés ou conventions, plan de financement, risques, échéancier des CP, règles de caducité et responsable du suivi. Le choix doit être délibéré et documenté ; il n’est pas nécessairement pertinent pour une dépense annuelle simple ou pour une petite opération dont la réalisation tient sur un seul exercice.

CGCT · article L. 1612-29 : AP, AE et CP ↗ · CGCT · article L. 1612-30 : règlement budgétaire et financier ↗ · DGCL · fiche pratique RBF et AP/AE ↗

Points de contrôle avant le vote

Points de contrôle avant le vote du budget
QuestionPourquoi elle compteÀ relier
Les sections sont-elles équilibrées ?Vérifier la cohérence entre autorisations et ressources.Plan de financement
L’épargne couvre-t-elle une partie de l’investissement ?Mesurer la capacité de financement avant l’emprunt.Dette
Les recettes et dépenses sont-elles correctement justifiées ?Préparer l’exécution et limiter les demandes de pièces complémentaires.Pièces justificatives
Le millésime est-il le bon ?Une règle antérieure ne doit pas être présentée comme actuelle.Sources